ligne maginot du sud-est uniformes et historiques

 

LA LIGNE MAGINOT 

 

 

les ouvrages C.O.R.F. du sud-est 

 

UNIFORMES

 

Le coûteux système fortifié mis en place par la France pour défendre ses frontières nord-est, et sud-est, ne pouvait être confié qu’à des troupes auxquelles le qualificatif d’Unité d’élite reviendrait de plein droit. 

En 1935 le souci de créer l’indispensable “esprit de corps” abouti à la création d’un uniforme se distinguant suffisamment du modèle général. 

La tenue spéciale des troupes de forteresse était née, réglée dans ses grandes lignes, par 

la circulaire ministérielle du 21 août 1935 

 

Tenue de sortie 

 

1 béret - modèle des chars de combat, mais de nuance kaki foncé pour les unités de forteresse type nord-est, du modèle alpin, mais de nuance kaki foncé pour les unités de forteresse des Alpes. 

 

 

 

1 capote, 

1 vareuse, 

1 pantalon-culotte, 

1 paire de molletières, 

1 ceinture de laine, 

le tout en drap kaki 

 

Attribution 

 

Infanterie: les régiments d’infanterie de forteresse et les bataillons alpins de 

forteresse. 

Artillerie : 

 

a) Nord Est : 

 

toutes les unités affectées aux régions ou secteurs fortifiés, c’est-à-dire: les régiments ou groupes d’artillerie à pied (artillerie d’ouvrage et 

artillerie de position). 

b) sud-est: 

les régiments d‘artillerie à pied. 

 

Génie : 

 

a) Nord Est: les unités d’électromécaniciens de forteresse, 

les unités de sapeurs-mineurs de forteresse, 

les unités de télégraphistes de forteresse. 

b) sud-est: les compagnies mixtes des 4e et 28e régiments 

du Génie, le détachement mixte du génie de Corse.” 

 

L’attribution aux cadres 

 

Par notification du 27 juillet 1937 (B.O.), “les officiers, adjudants chefs, adjudants et autres sous-officiers des troupes de forteresse portent la tenue de leurs armes ou services ; en outre, en tenue de campagne, ils font usage des effets suivants”. 

 

Officiers et adjudants: d’usage facultatif, veste et salopette en toile, du modèle 1935 des troupes motorisées. 

 

Autres sous-officiers: idem, plus les “mêmes effets spéciaux que ceux attribués à la troupe. 

“. 

Evolutions : 

 

Le béret 

 

1) type nord-est. 

 

Ce modèle est défini plus en détail par la description au B.O. du 28 août 1935 : il est en laine mère cardée teinte en kaki foncé. Diamètre extérieur unique quelle que soit la pointure, 285 mm. A l’intérieur du béret et sur le milieu de la couronne est 

cousue, sur tout son pourtour, une coiffe en toile de coton écrue (diamètre 210 mm environ) recevant les différents cachets réglementaires. 

 

2) Type forteresse des Alpes. 

 

La première description (B.O. du 28 août 1935) fait état d’un béret de la dimension de celui des troupes alpines, mais teint en kaki foncé. Cette couleur avait de quoi heurter les montagnards, attachés à leur coiffure traditionnelle. De ce fait, le modèle définitif (B.O. du 18 octobre 1935) des troupes de forteresse des Alpes sera la “tarte” bleu foncé commune à tous les Alpins. Diamètre extérieur de 290 mm à 330 mm selon les pointures, coiffe en toile de coton écrue de 260 mm de diamètre. 

 

3) Officiers et adjudants (nord-est et Alpes). 

 

Non mentionné, le béret se trouve implicitement reconnu par le règlement en vigueur sur la tenue de campagne: pour coiffure de repos, le “béret, dans les corps de troupe où cette coiffure est règlementaire pour la troupe”. 

 

Le béret pour officiers et adjudants des troupes de forteresse n’est décrit au B.O. (modèle de la troupe) que le 3 août 1939, mais il ne devra comporter “ni insignes de grade, ni attribut”. Trop tard, la plupart des officiers ont pris l’habitude de porter l’un ou l’autre, et même les deux dans de nombreux cas. Les bérets d’officiers sont de confections les plus diverses. 

 

L’insigne général 

 

Cet insigne est destiné à orner, pour la troupe, les bérets décrits plus hauts. Il se porte au côté droit, le béret étant incliné sur l’oreille gauche (côté opposé au fusil). 

Il est décrit au B.O. le 18 octobre 1935: “Cet attribut, en bronze vieil argenté, représente une coupole armée entourée d’une bordure circulaire portant les mots “On ne passe pas”. Diamètre extérieur 35 mm, 

diamètre du cercle intérieur 27 mm. 

Une version spéciale est créée pour les chefs de casemate par CM du 9 mars 1936 (B.O. du 15 juin), avec une finition dorée sur la partie circulaire portant la devise. 

 

Officiers : un insigne analogue, mais en bronze doré 

or patiné, avec “ au dos, deux anneaux de fixation” et de plus grande taille (diamètre extérieur 45 mm, intérieur 38 mm) est attribué aux officiers par CM du 23 janvier 1936 (B.O. du 6 février), pour être porté uniquement “sur le côté droit de la tunique, à hauteur des décorations”. 

 

Le 21 septembre 1936 le port de cet insigne est étendu à la tenue de travail, sur la vareuse ou le manteau. 

 

Sur le béret, à l’encontre du règlement, officiers et adjudants portent très fréquemment l’insigne du modèle de la troupe (diamètre 35 mm) mais de couleur dorée. 

 

La ceinture de laine. 

 

Le modèle bleu des zouaves initialement prévu (CM du 21 août 1935) est remplacé dans la description au B.O. du 18 octobre 1935 par le modèle kaki foncé de mêmes dimensions: longueur 4,20 m, largeur 40 cm. La ceinture, “en tissu croisé quatre pas de laine peignée”, est pliée en deux dans le sens de sa largeur avant d’être enroulée autour de la taille. Elle n’est portée que par la troupe. 

 

Les pattes de collet 

 

De même que les marques de grades ou les insignes de spécialité, les pattes de collet sont du modèle général, sans aucune différenciation, dans la même arme, entre troupes de ligne et troupes de forteresse. 

 

Seuls les bataillons alpins de forteresse, pour se différencier des régiments d’infanterie de même numéro (série 70), reçoivent trois soutaches au lieu de deux (B.O. du 20 août 1935). 

 

Enfin, les passepoils qui ornent les parements et les pattes d’épaule des vareuses et capotes de tenue de sortie (CM du 16 octobre 1935) sont bien sûr applicables aux troupes de forteresse. Ils sont garance pour l’infanterie, écarlate pour l’artillerie et le génie. 

 

PATTES DE COLLET DES TROUPES DE FORTERESSE 

 

Fond Soutaches Troupe Off./s. Off. 

RIF kaki 2 bleu foncé bleu foncé (1) brodé or 

BAF kaki 3 bleu foncé bleu foncé (1) brodé or 

Artillerie écarlate 2 bleu foncé bleu foncé brodé or 

Génie velours noir 2 écarlate écarlate brodé or 

(1) garance en tenue de sortie (B.O. du 18 octobre 1935 et 9 mars 1936). 

 

L’attribut amovible de manche 

 

Cet élément constitue l’innovation la plus originale de la tenue des troupes de forteresse, créée par CM du 21 août 1935. Sa nature et ses conditions de port sont précisées deux mois plus tard, par CM du 20 septembre 1935: 

 

“Cet attribut, dont le but est de développer l’esprit d’émulation qui se manifeste déjà entre garnisons d’ouvrages voisins, sera porté en tenue de sortie sur le bras gauche. Les nuances du drap de fond et des lettres brodées seront identiques à celles déjà règlementaires pour les écussons". 

 

Tout homme faisant partie d’une unité de forteresse du temps de paix, sera doté d’un attribut. 

 

"Cet attribut, amovible, sera placé suivant les circonstances soit sur la capote, soit sur la vareuse". 

 

Le système initial d’appellation, par ouvrage, est abandonné très rapidement. Une nouvelle circulaire en date du 1er juillet 1936, fixe cette fois de façon nominative, “la liste des inscriptions à faire figurer sur les attributs”. La règle qui prévaut est la suivante: 

 

- pour l’infanterie, une seule inscription par RIF ou BAF ; 

- pour l’artillerie, une inscription par secteur fortifié ; 

- pour le génie, une inscription par région fortifiée. 

 

Au total, seuls 18 noms seront retenus pour le nord est, et 8 pour le sud-est. 

 

En voici la Liste : 

 

1) Inscriptions pour le nord-est (1er juillet 1936) 

 

Sambre: 4e btn du 43e RI et 4e btn du 1er RI. Meuse: 155e RIF. 

Montmédy: 151e RAP (détachement de Stenay) 

Faulquemont: 146e RIF, 39e RARF, 163e RAP (4). 

Nied: 162e RIF. 

Moselle: 168e RIF. 

Crusnes: 149e RIF, 39e RARF, 151e RAP. 

Boulay: 39e RARF, 151e RAP. 

Thionville: 39e RARF, 151e RAP. Verdun: 151e RAP. 

Metz: 163e RAP, génie de la région fortifiée de Metz, 

Lauter: 23e RIF, 59e RARF, 155e RAP, génie de la région 

fortifiée de la Lauter. 

Vosges: 37e RIF, 155e RAP. Sarre: 153e RIF, 155e RAP. 

Bas-Rhin: 172e RIF, 155e RAP 

Haguenau: 155e RAP. 

Haut-Rhin: 171e RIF, 5e groupe du 188e RA, compagnie de 

sapeurs mineurs de forteresse du 1er génie. 

Neuf-Brisach: 42e RIF. 

 

2) Inscriptions pour le sud-est (1er juillet 1936) 

 

Tarentaise 70° BAF 

Maurienne 71° BAF 

Durance 72° BAF 

Ubaye 73° BAF 

Savoie artillerie et génie du secteur fortifié 

(154e RAP au S.F. Dauphiné, avec un groupe détaché au S.F. 

Savoie. Le S.F.D. et le S.F.S. ont chacun une compagnie mixte 

du 4e génie.) 

 

Dauphiné artillerie et génie du secteur fortifié 

 

Alpes Maritimes 74° BAF, 75°, 76°, 157° RAP, 10° 

Compagnie mixte du 28° génie 

(Cette compagnie de génie est remplacée, le 16 janvier 1939, 

par le 4e bataillon (à deux compagnies mixtes) du 7e génie.) 

Bonifacio détachement mixte du génie de Corse, remplacé en 

1939 par une Cie du 7° génie 

 

A la mobilisation 

 

En septembre 1939, la belle ordonnance des troupes de forteresse se trouve bouleversée par l’afflux des réservistes et la mise sur pied de nombreux corps de réserve. Les effets distinctifs étant, par définition, des éléments de tenue de sortie, il n’est pas prévu d’en doter l’effectif mobilisé. En règle générale, seuls portent en 1939-40 l’attribut de manche et le béret, les hommes appartenant à l’effectif actif dont la 

tenue de sortie “constituera en outre la tenue de mobilisation” (CM du 16 octobre 1935). 

 

La ceinture de laine, n’est, en général, plus portée. De même que dans les troupes alpines, elle est en principe remplacée, en tenue de campagne, par une ceinture de flanelle du modèle ordinaire. 

Quant aux réservistes, ils touchent une collection d’effets absolument standard. Ceux du nord-est sont en général dotés du bonnet de police ordinaire, parfois orné de l’insigne “On ne passe pas”. 

 

LES BATAILLONS ALPINS DE FORTERESSE 

 

 

 

A partir de 1931, l’ombre de Mussolini commence à planer sur les frontières du sud-est de la France. La Savoie et Nice, ainsi que la Tunisie et la Corse sont convoités. Si le massif du Mont-Blanc paraît impraticable à une armée conventionnelle, d’autres secteurs de la frontière apparaissent plus perméables. 

 

En allant du Nord vers le Sud, ce sont: la Tarentaise (Bourg-Saint-Maurice avec le col du 

Petit Saint-Bernard). la Maurienne (Modane avec le col du Mont-Cenis) le Briançonnais (col du Montgenevre), le Queyras et l’Ubaye (Jausiers avec les cols de Larche et de Restefond) .C’est le secteur attribué à la 14e région militaire (P.C. à Lyon). Quant à la 15e région (P.C. à Marseille), elle se voit attribuer le secteur qui s’étend du col des Fourches à la mer, jalonné par les hautes vallées de la Tinée et de la Vésubie, le massif de l’Authion, les vallées de la Roya et de la Bevera, enfin les routes des Corniches en bordure de la Méditerranée. Secteur qui semble davantage menacé car moins soumis aux dures conditions climatiques et où les Italiens tiennent la ligne de crête. 

 

Les verrous de la défense éloignées de Nice sont de part et d’autre de l’Authion, les secteurs de la Bollène - Lantosque, vers l’Ouest, et celui de Saorge - Sospel, vers l’Est, ainsi que la région de Menton. 

 

Naissance des B.A.F. 

 

 

 

 

Une ligne fortifiée qui s’appuie sur d’anciens ouvrages commence à sortir de terre, construite le plus souvent , et suivant une vieille tradition alpine, par la Main-d’OEuvre Militaire. 

 

Cela nécessite la mise en place de trois “Secteurs fortifiés” : en Savoie, en Dauphiné, et dans les Alpes Maritimes. Les quatre Régiments d’Infanterie Alpine stationnés prés de la frontière 99° et 159° RIA pour la 14° RM, 3° et 141 RIA pour la 15° RM) forment, à partir d’avril 1934, cinq bataillons dits “de forteresse” et quatre compagnies autonomes, 

destiné à occuper les anciens forts modernisés et les ouvrages CORF en cours de construction. 

 

Leur nombre est porté à six bataillons et deux compagnies autonomes le 1er janvier 1935. Enfin, quittant le giron de leur régiment, ces diverses formations donnent naissance, le 16 octobre 1935, à sept “ Bataillons Alpins de Forteresse “ (BAF) formant corps, échelonnés le long de la frontière et numérotés—du nord au sud —de 70 à 76. 

 

Sur le plan tactique et administratif, ils sont groupés en trois demi-brigades (DBAF) correspondant chacune à un secteur fortifié. Chaque bataillon hérite traditions et du drapeau de l’un des régiments 

stationnés sur le territoire des 14e et 15e régions avant dissolution entre 1919 et 1923. 

 

Les BAF forment les garnisons des ouvrages fortifiés permanents (ouvrages d’infanterie, casemates d’intervalle, infanterie des ouvrages mixtes), maisils servent aussi à: 

 

- tenir les avant-postes légers, près des cols-frontière, et le long des vallées pénétrantes 

- actionner les mitrailleuses ou les mortiers Stokes 

des intervalles. 

 

Certains de leurs éléments forment une réserve partielle prête à intervenir sur un point menacé. 

 

Les Chasseurs alpins traitent “ amicalement “, les Alpins de forteresse d’écrevisses de rempart “La campagne 1939 – 1940 A la mobilisation d’août 1939, les sept bataillons d’active sont dissous. Chaque BAF donne naissance à plusieurs bataillons groupés en sept demi-brigades. 

Dans la pratique, chaque compagnie mixte d’active forme le noyau d’un nouveau bataillon. 

 

Le secteur défensif du Rhône 

 

Dans les mêmes circonstances, un nouveau secteur voit le jour. Situé aux frontières de la Suisse et de l’Italie, le SDR couvre le flanc nord de l’Armée des Alpes, en liaison avec le secteur fortifié du Jura. Le plan de mobilisation de 1937 prévoyait la création d’une demi-brigade de chasseurs alpins portant le n° 80, à trois bataillons formés de réservistes frontaliers, chargés de défendre la trouée de Genève (112° BCA), la haute vallée de l’Arve (113° BCA), 

 

le Chablais et le Faucigny (114° BCA). Le 112° était dénomme “ Bataillon Gex “. Finalement, les nouveaux BCA ne verront pas le jour en 1939. On crée à leur place trois nouveaux BAF (no 179,189 et 199) réunis en une 230° demi-brigade. Le 199° BAF qui succède à l’Ecole de Haute Montagne dissoute, occupe un secteur sans ouvrages fortifiés, le massif du Mont Blanc. 

 

Les opérations de juin 1940 

 

 

 

Mussolini déclare la guerre à la France le 10 juin à17 heures. 

Du 11 au 19 juin, ce ne sont que des opérations de détail, les Italiens visant à mettre la main sur la frontière pour s’y assurer des observatoires et une base de départ en vue de leurs futures offensives. 

 

En dehors des ouvrages bétonnés, les consignes données aux avant-postes n’enjoignent pas la résistance à tout prix. Mais, partout, dès qu’un poste-frontière est attaqué les sections d’éclaireurs-skieurs contre attaquent avec succès malgré l’inégalité numérique (en moyenne 1 contre 4, mais parfois davantage: 1 contre 12 en Queyras). 

 

A partir du 20, c’est l’attaque en masse sur tout le front. Les combats les plus intenses ont lieu en Tarentaise, en Maurienne et dans le secteur qui s’étend de Sospel à la mer. Mais nos avant-postes, soutenus par l’artillerie, se maintiennent et déciment souvent les troupes italiennes qui progressent en dispositif serré. Les contre-attaques se multiplient. 

 

Les équipages des ouvrages abordés ou encerclés effectuent des sorties et ramènent des prisonniers. Dix-neuf divisions italiennes ont attaqué la valeur de six divisions françaises sans arriver à déboucher. 

 

En Queyras, la SES du 92° BAF tient tête pendant trois jours à La Monta, près d’Abriès. 

 

En Ubaye, le 83 BAF se bat avec acharnement autour du vieux fort de Viraysse qui culmine à 2.760 mètres d’altitude, tandis que, près des Fourches le 73° BAF résiste sous la neige aux assauts du 11° Alpini. 

 

Partout, au sein d’une Armée des Alpes fortement réduite par les prélèvements opérés pour l’expédition de Norvège puis pour les combats du Nord et du nord-est, les BAF ont rempli la mission qui leur avait été confiée et qui était inscrite sur leur insigne de béret: « On ne passe pas “. Après l’armistice, ils doivent quitter la zone démilitarisée de 50 km le long de la frontière et seront tous dissous fin juillet 1940 Leurs éléments d’active forment les unités de gardiennage des ouvrages autorisées par les conditions d’armistice et reconstituent les bataillons des 7°,14° et 15° divisions militaires de l’armée d’armistice 

 

Les sections d’éclaireurs skieurs des B A F 

 

 

Dès leur création, les chefs de corps des BAF tiennent—bien que cela ne soit pas prévu à l’origine à leur tableau d’effectifs—à constituer une section d’éclaireurs-skieurs (SES) au sein de leur 

bataillon. 

 

L’ARTILLERIE DE POSITION DES ALPES ET SES INSIGNES 

 

La nécessité d’un nouveau système fortifié après la défaite de 1870 oblige à revoir la conception de la défense des frontières. De nouveaux corps sont crées pour occuper et défendre ces places-fortes. 

Si le problème est posé en priorité sur la frontière face à l’Allemagne, il l’est aussi, mais à un moindre degré, dans le Sud Est, face à une Italie dont l’attitude évolue nettement en notre défaveur. 

Dix ans plus tard ces bataillons changent leur dénomination en “Bataillons d’artillerie à pied” (1893), sans changement notoire de garnison. Deux nouveaux bataillons sont créés en 1898 et 1899 et le - 11°-BAP part stationner en Algérie. 

 

Sur l’emplacement du futur ouvrage CORF de Roche-la-Croix (Ubaye), les pièces du 12° bataillon d’artillerie à pied sont déjà en position au début du siècle. 

Quelques années plus tard la tourelle à éclipse de 75 

(2 pièces) de l’ouvrage de Roche-la-Croix. 

 

Le 162e RAP 

 

 

Ce régiment se mobilise, fin août 1939, près de Grenoble et à Tournoux. Il compte trois groupes à l’origine. mais le 1er groupe, mis à la disposition du SF de Savoie sert à former le 15 février 1940 le IV/164° RAP (en Tarentaise) et la 10° batterie du-154° RAP. 

Les deux autres groupes sont affectés au SF du Dauphiné et stationnent en Ubaye (2e groupe et batteries d’ouvrages) et en Queyras (3e groupe). Les 12e, 13e et 14e batteries occupent les ouvrages de Saint-Ours Haut, Roche-la-Croix et Restefond. 

Les batteries enrayent, par leurs tirs, les assauts menés par les forces italiennes, en juin 1940, contre le col de Larche et Abriès. Le régiment est dissous le 2 août 1940. 

 

Le 164e RAP 

 

Il se mobilise aussi près de Grenoble (Saint-Egrève),à Modane et à Moutiers. Il compte, à 

l’origine, trois groupes qui occupent des positions en moyenne et basse Maurienne (1er et 2e groupes) et en Tarentaise (3e groupe). Un 4e groupe est formé, le 15 février 1940, à partir du I/162e RAP, en Tarentaise. La 1ere batterie est détachée au SD du Rhône et ses éléments arment le fort l’Ecluse et prennent position vers Chamonix Les batteries d’ouvrages (n° 51 à 54) occupent les ouvrages de Saint-Gobain, de Saint-Antoine, du 

Sapey, du Lavoir et du Pas du Roc. Les batteries appuient par leurs tirs les combats retardateurs menés en juin 1940, en Tarentaise et en Maurienne. 

Le régiment est dissous le 1er août 1940 à Lancey (Isère). 

 

 

Le 157e RAP et ses dérivés (15e Région Militaire) 

 

Comme le 154e, c’est le 1er août 1919 que le 157e RAP est formé à Nice à partir du dépôt du 7e RAP et avec des éléments du 178e RA. Il compte six batteries, dont une de DCA (à Toulon). La réorganisation de l’artillerie (mai 1929) lui attribue deux groupes à pied et un groupe de DCA. Ses écoles à feu se déroulent au camp des Garrigues. Mais, à partir de 1930, elles se font aussi, l’été, dans le massif de l’Authion. Regroupé à Nice, le régiment détache ses batteries, à tour de rôle, aux forts du Mont Agel et de la Drette (au-dessus de Nice). 

En 1932, il reçoit les étendards des 7 et 10- RAP dont il garde les traditions. Deux nouveaux groupes (dont un de DCA à Toulon) sont crées dans les années 1933-34. 

 

A partir de septembre 1934, 1e 157e RAP est autorisé à porter le béret. Sa vocation “alpine” est ainsi reconnue. 

En 1935, les deux groupes de DCA (à Nice et à Toulon) quittent le régiment pour intégrer le 363e RA De nouvelles batteries sont créées 

Le régiment, dont le P.C. est à Nice et qui compte alors trois groupes à pied est affecté au Secteur Fortifié des Alpes Maritimes (SFAM) Son 1er groupe est détaché à Menton, le 2e à Sospel Avec la création de batteries d’ouvrages, le 157e prend, en 

octobre 1938, l’appellation de régiment d’artillerie de position. 

 

 

A la mobilisation d’août 1939, le 157e RAP donne naissance à un nouveau 157e et aux 158e et 167e RAP Chacun de ces régiments compte quatre groupes (2 de position et 2 d’ouvrages) qui stationnent le long de la frontière des Alpes du Sud (15e RM), 

de la Méditerranée à la Haute Tinée. Le nouveau 157e, mobilisé à Nice, occupe le secteur Corniches Ses batteries arment les ouvrages du Mont Agel, de Sainte Agnès, de Roquebrune et du Cap Martin. Un groupe autonome (n° 10) assure la défense du littoral dans la région de Toulon. 

Ses quatre autres groupes bloquent par leurs tirs l’offensive italienne sur Menton en juin 1940. Le régiment est dissous en juillet 1940 à Roquebrunesur-Argens. 

 

Le 158e RAP 

 

Mobilisé à Nice et Puget-sur-Argens, il occupe les ouvrages autour de Sospel (Monte Grosso, Agaisen Barbonnet, Saint Roch, col de Brouis) et des positions dans le massif de l’Authion. Il s’oppose à l’attaque italienne sur le saillant Sospel-Saorge. Il est dissous le 16 août 1940 à Puget-sur-Argens. 

 

Le 167e RAP 

 

Mobilisé à Nice et Saint Laurent du Var, le régiment va stationner dans le Haut Var et vers Beuil (secteur du Mont Mounier). Ses batteries arment aussi l’ouvrage de Rimplas (Haute Tinée) et les ouvrages autour de Lantosque (Flaut, Gordolon, col du Fort). 

Elles enrayent l’avancée italienne vers la Haute Vésubie. Le régiment est dissous le 6 août 1940. 

 

L’armée invaincue 

 

Fidèle à la devise des troupes de forteresse “On ne passe pas” l’artillerie de position des Alpes a été, avec les sections d’éclaireurs-skieurs, le principal artisan de l’échec italien sur les Alpes. Employée sur un terrain qu’elle connaissait parfaitement (“mètre par mètre” ont reconnu des officiers italiens après l’armistice) et bien qu’équipée d’un matériel souvent désuet, elle est la maîtresse du champ de bataille, harcelant sans cesse un ennemi que nos destructions et l’étroitesse des compartiments montagneux mettent dans l’impossibilité d’utiliser son énorme supériorité numérique, fauchant des colonnes entières qui se lancent à l’assaut, en ordre serré, sur des fronts trop limités pour leurs effectifs, brisant par les feux conjugués des ouvrages l’offensive italienne dans tous les secteurs. 

 

 

 



29/09/2010
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