La Bataille des Alpes (20-25 juin 1940)


Le 10 juin 1940, l’Italie entre en guerre aux côtés de l’Allemagne et déclare la guerre à la France.

Sur les Alpes, les 190 000 hommes du général Olry font face à 450 000 Italiens commandés par le prince Humbert de Piémont.

Les forces françaises s’appuient sur la « ligne Maginot des Alpes »  qui protègent la frontière sur 400 km.

Les Italiens, bien que supérieurs en nombre sont peu entrainés, médiocrement équipés et peu mobiles.

Dans la nuit qui suit la déclaration de guerre de l’Italie, les Français font sauter tous les ouvrages, ponts, routes, tunnels que les Italiens sont susceptibles d’utiliser. Du 11 au 19 juin ceux-ci tentent quelques opérations vite jugulées par les troupes françaises.

Les 13 et 15 juin, l’aviation française nettoie le ciel varois de toute menace aérienne en contre attaquant les appareils italiens lancés sur Toulon et les aérodromes de la région tandis qu’elle effectue des raids aériens au dessus de Gênes, le 14, des terrains de Novi ligure et Turin les 16 et 17.

Le 21 juin 1940, l’armée italienne déclenche une offensive générale, prenant ainsi à revers l’armée des Alpes. En dépit de combats acharnés, la progression des italiens reste très limitée. Avec seulement trois divisions de type « montagne », la 64eme, la 65eme et la 66eme DI le général Olry parvient à maintenir toutes les positions à la frontière. L’attaque italienne est un échec général.

En Tarentaise, la petite garnison de la Redoute-Ruinée  est encerclée mais elle continue, jusqu’à l’entrée en vigueur de l’armistice, à battre des débouchés du col du petit Saint Bernard.

En Maurienne, les troupes italiennes progressent légèrement du fait du retrait d’une partie de l’artillerie française partie rejoindre un autre front mais la route du Mont Cenis reste impraticable à l’assaillant. Dans le Briançonnais, les Italiens sont tenus en échec durant dix jours de combats ininterrompus. Dans le Queyras, l’ennemi est stoppé devant Abriès, la position des avant-postes reste intacte. En Ubaye, la défense des débouchés du col de Larche est également assurée. Dans les Alpes Maritimes, le 15eme corps d’armée italien qui a l’ordre de s’emparer de Nice, est bloquée par les avant-postes devant Menton.

Ce n’est que le 23 juin que les troupes italiennes parviennent à occuper une partie de la ville, qu’elles ne peuvent dépasser.

Dans le même temps, le général Olry se voit obliger de créer un nouveau front pour sauvegarder ses arrières. Les Allemands qui descendent dans le sud après avoir bousculé les Alliés dans le Nord s’apprêtent à rejoindre les Italiens et prendre l’armée des Alpes en tenaille.

Le général Olry met en place trois lignes défensives successives la première sur le Rhône à Lyon, la seconde le long de l’Isère et la troisième le long de la Durance, dont la mise en œuvre est confiée au général Cartier. De nouvelles unités sont créées composées de soldats de toutes armes.

Lyon déclaré ville ouverte, le premier verrou saute.

A partir du 19 juin, l’armée des Alpes doit affronter les Allemands qui ont franchi le Rhône sur les ponts de Lyon. Le 20 au soir, le général Olry fait sauter tous les ponts de l’Isère en aval de Voreppe. Le XVIe Panzerkorps attaque alors sur trois axes. Le groupement C, lancé depuis Vienne vers le sud, échoue sur l’Isère et la rive droite du Rhône où les spahis chargent une dernière fois à Andance. Le groupement B, parti de Lyon est arrêté le 23 sur la Cluse de Voreppe qui donne accès à Grenoble. Le groupement A venu de Bourg franchi le Rhône à Culoz puis entre dans Aix les Bains le 23 juin au soir. L’offensive sur Chambéry est malgré tout contenue.

Les 22 et 24 juin, les conventions d’armistice avec l’Allemagne puis l’Italie sont signées par la France. Le cessez-le-feu entre en vigueur le 25 juin 1940 à 0 heure 35 mais ce n’est qu’au début du mois de juillet que les dernières garnisons de la « ligne Maginot des Alpes »  acceptent d’arrêter le combat. En dépit de son peu de moyens face à un double front, l’armée des Alpes parvient ainsi à défendre victorieusement la frontière sur 400 km, appliquant sa devise « on ne passe pas ».

L’armée des Alpes a rempli ses objectifs : le territoire est préservé d’une seconde invasion et le flanc droit de l’armée française protégé. Les régions de la Savoie, de Nice et du Rhône ont été soustraites aux prétentions italiennes

Bilan des combats

Sur 30 000 français qui ont lutté dans les Alpes, on compte:

32 morts
121 blessés
1 249 prisonniers

Pertes allemandes :
Chiffres inconnus

Pertes italiennes :
642  morts
4702 blessés
616 prisonniers



25/06/2010
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 22 autres membres